Les instruments du réseau :

Le réseau GEOF regroupe les instruments permettant l’analyse de la matière organique (MO) naturelle et anthropique dans l’ensemble des matrices géologiques et environnementales, qu’elles soient liquides, solides ou gazeuses.
Une partie des instruments permet d’avoir accès aux caractéristiques globales de la MO : analyseurs élémentaires (EA) ou de carbone organique total, pyrolyseurs Rock-Eval. Une autre partie fournit des informations sur les groupements fonctionnels de la MO : spectromètres infra-rouge, spectrophotomètres UV-visible, spectrofluorimètres.
Une étape essentielle à l’étude moléculaire de la MO est la préparation d’échantillons qui implique l’extraction des composés, leur séparation, voire leur purification, en amont de leur analyse. Ainsi, l’ensemble des plateformes du réseau GEOF dispose d’équipements spécifiques à ces traitements (extracteur ASE, four micro-onde, automate de purification…).
L’analyse est en général réalisée via une sépara-tion chromatographique en phase gazeuse (GC) ou liquide (HPLC) en amont de différents systèmes de détection (ionisation de flamme, catharomètre, UV-Visible, fluorescence) ou des spectromètres de masse simples (MS), en tandem (MS/MS) et de haute résolution (QToF, Orbitrap). Cette dernière classe de détecteurs permet une identification à l’échelle moléculaire en plus d’une quantification précise des molécules constitutives de la MO. Certains chromatographes sont couplés à des spectromètres de masse à rapport isotopique (irMS), donnant accès à la composition isotopique individuelle des molécules organiques. Enfin, le couplage de la pyrolyse avec la GC-MS permet de caractériser les macromolécules organiques.
GEOF compte plus de 90 équipements, dont 80% sont dédiés à l’analyse (avec 10% d’équipements haute résolution) et 20% à la préparation des échan-tillons.

La distribution sur le territoire et le personnel affecté :

Les données produites :

L’essentiel des données issues du réseau GEOF concerne donc l’identification et la quantification à l’échelle moléculaire des constituants de la MO dans un contexte géologique ou environnemental.

L’ensemble des données obtenues permet d’identifier des marqueurs de la MO, de caractériser des modes de transfert et des interactions dans les milieux, d’étudier les caractères inertes ou réactifs, de suivre des flux dans l’environnement ou d’effectuer des reconstructions (paléo)environnementales. La majorité des instruments du réseau GEOF permet d’obtenir des informations très détaillées sur la composition moléculaire de la MO.

Les recherches menées au sein de GEOF couvrent des thématiques à l’intersection des sections 13, 16, 18, 19, 29, 30 et 31 du CNRS incluant, entre autres, les paléoenvironnements, l’archéologie, les ressources minérales, la biogéochimie, la cosmochimie, la chimie de l’environnement et l’écotoxicologie.

Organisation et spécificités :

Au contraire des autres réseaux d’instruments de RéGEF, GEOF tire sa force non pas de quelques instruments exceptionnels, mais d’un réseau dense d’instruments à la frontière des analyses de routine et de la recherche-développement.

Le réseau constitue la cristallisation technique d’une communauté française historique qui a su renouveler ses questionnements scientifiques. La communauté était déjà bien structurée via l’existence de sociétés savantes/associations (Association des Chercheurs Francophones en Géochimie Organique – FROG ; Groupe français de la Société Internationale des Substances Humiques – IHSS ; Réseau Matières Organiques – RESMO) qui existent depuis une dizaine d’années et permettent l’animation scientifique à travers l’organisation de congrès, d’écoles chercheurs/école thématiques et de collaborations bi- ou pluri-partites. Ainsi, GEOF s’est naturellement mis en place en apportant une structuration plus technique à la communauté. GEOF s’est d’ailleurs très vite organisé au moyen de réunions régulières et par la structuration précoce en cellules opérationnelles. Le réseau GEOF est également considéré comme un facilitateur d’échanges entre l’ensemble des chercheurs, personnels techniques et étudiants concernant les protocoles et bonnes pratiques d’utilisation des équipements à travers, par exemple, des exercices d’intercomparaison.