Pourquoi une Infrastructure comme RéGEF ?

Le poids des données de la géochimie/minéralogie dans notre compréhension et notre conceptualisation du système Terre est considérable. La mise en œuvre des instruments qui permettent de les mesurer a beaucoup évolué depuis l’époque pionnière de la mise au point de ces outils, il y a un demi-siècle. Les problématiques scientifiques et la communauté dans son ensemble s’en sont emparées pour décrire, observer et quantifier les systèmes géologiques et environnementaux. Ce degré de maturité s’exprime d’une part par l’acquisition de mesures de routine, produites en très grandes quantités, et d’autre part par des développements et innovations analytiques et méthodologiques permettant de caractériser les compositions chimiques, isotopiques, minéralogiques sur des matrices et des échelles spatiales encore jamais étudiées. De plus en plus précises, ces données permettent d’en explorer les confins que ce soit dans l’extrêmement petit (échelle moléculaire et mesures in situ), l’extrêmement vieux (documentation des toutes premières archives), ou l’extrêmement profond non accessible (simulation expérimentale des processus de la Terre profonde ou du système solaire jeune). Ces enjeux scientifiques concernent tous les domaines des sciences de la Terre et de l’environnement, et sont de plus en plus tournés vers les enjeux sociétaux comme le changement climatique, l’anthropisation des écosystèmes environnementaux, la santé, les risques naturels (sismiques, volcaniques, climatiques…).

Les moyens analytiques et expérimentaux qui produisent ces données représentent donc un pan majeur de la quantification des processus en Géosciences et Sciences de l’Environnement.  Dans le sillage des politiques nationales et internationales de structuration des moyens de la recherche autour d’infrastructures dédiées, il est apparu important et indispensable de rassembler tous ces moyens dans un réseau unique. Cette initiative a été construite pour répondre aux enjeux actuels de la recherche scientifique. Elle a pour ambition de pérenniser et diversifier ces moyens analytiques, dans la voie d’excellence tracée depuis des décennies.

Les missions et le périmètre scientifique de RéGEF

Dans le paysage des infrastructures de recherche nationales de l’alliance AllEnvi, RéGEF est une structure transversale qui met en œuvre des moyens pour fournir des mesures aux programmes de recherches, aux Services Nationaux d’Observation, et à d’autres Infrastructures de Recherche.

RéGEF regroupe des instruments de mesure, d’imagerie et d’expérimentation au service d’une recherche scientifique qui s’intéresse aux transferts et transformations des éléments chimiques et de leurs combinaisons moléculaires. Ceci, à toutes les échelles de temps et d’espace dans le fonctionnement et l’évolution du système Terre et du système solaire en général, au sein de la Terre solide ou de ses enveloppes externes que sont la pédosphère, l’hydrosphère et l’atmosphère, mais aussi au travers des interactions entre ces enveloppes, jusqu’aux interactions entre le vivant et le minéral.

RéGEF a pour missions et objectifs généraux de : (i) maintenir l’innovation et le développement technologique au plus haut niveau, tout en (ii) organisant l’accès aux instruments et la production de données pour la communauté scientifique. Une telle infrastructure de recherche est donc au cœur du transfert entre (i) les phases de développement et d’innovation des traceurs et méthodologies pour mettre en évidence de nouveaux processus, (ii) leur utilisation par la communauté pour documenter les systèmes géologiques et environnementaux, et (iii) leur archivage dans un effort de pérennisation et d’optimisation de l’information scientifique.

Il nous est apparu fondamental que ces aspects n’évoluent pas dans le futur de façon découplée, mais représentent au contraire les deux pôles indissociables du continuum d’expertise et de positionnement scientifique de la communauté qui développe et met en œuvre ce parc analytique.

La gouvernance de RéGEF et ses partenaires

RéGEF est construit sur un modèle d’Infrastructure de Recherche dite “distribuée”. Elle est organisée autour d’instruments et d’équipes implantés dans les UMR/UMS de l’INSU, en partenariat avec les Universités et les autres EPIC-EPST. Quelques équipements sont implantés dans des UMR d’autres instituts du CNRS (INC, INP, INEE, …) dont le périmètre scientifique et les objectifs sont cohérents avec le positionnement thématique de RéGEF.

Les partenaires et tutelles des plateformes engagées dans RéGEF sont : le CNRS, le CEA, l’IRD, l’IFREMER, le BRGM, l’IPGP, le MNHN et 24 Universités.

RéGEF est doté d’une gouvernance mise en œuvre par :

Un Comité de Pilotage inter-organismes qui représentera les tutelles partenaires de RéGEF et qui aura pour mission générale d’assurer une stratégie nationale de soutien et de programmation, de façon à développer, optimiser et pérenniser le parc instrumental, via la mise en place de moyens humains et financiers qui sont affectés aux UMR/UMS. La mise en route de ce comité, ainsi qu’un accord de consortium entre partenaires, est l’un de objectifs pour 2021.

Un Comité Exécutif qui est la structure opérationnelle en place. Il est composé de représentants/animateurs de chacun des réseaux d’instruments (proposés par les réseaux et nommés par le CoPil) et du directeur de RéGEF (nommé par le CoPil). Il a un rôle clé de conseil auprès des tutelles et a pour missions principales de :

(i) assurer la réflexion collective pour maintenir l’accessibilité aux instruments et leur renouvellement ainsi qu’entretenir la veille technologique pour garantir l’excellence de ses plateformes

(ii) favoriser et optimiser le transfert d’expérience et d’expertise entre les plateformes et équipes, ainsi que la formation des utilisateurs via les écoles thématiques et les réseaux de métiers et de compétences

(iii) assurer la réflexion collective pour entretenir la dynamique autour du renouvellement des grands instruments ou l’émergence de nouveaux services de production de données

(iv) analyser et transmettre aux tutelles partenaires de l’infrastructure les besoins et demandes de moyens des instruments et réseaux pour que ceux-ci puissent assurer leurs missions de développement technologique et production de données

(v) mettre en œuvre en retour auprès des réseaux et des instruments la stratégie des tutelles

Un comité d’utilisateurs des données produites (à créer) qui viendra compléter la gouvernance avec pour missions générales d’épauler et conseiller les deux autres comités dans leurs actions et décisions

La direction de RéGEF et la composition du Comité Exécutif

   Direction : Raphaël Pik, chargé de mission INSU (DR CNRS / INSU TS)

   Chargé de projet : Jean-Yves Mougel (IE CNRS)

 Les réseaux

Les animateurs

 

Géochimie Élémentaire

Thierry Labasque (IR CNRS / INSU SIC)

Rémi Freydier (IR CNRS / INSU-SIC)

Géochimie Organique

Arnaud Huguet (CR CNRS/INSU-SIC)

Catherine Lorgeoux (IR CNRS/INSU-TS)

Spectrométrie SIMS

Etienne Deloule (DR CNRS/INSU-TS)

Spectrométrie AMS

Christine Hatté (DR CEA/INSU-OA)

Spectrométrie Gaz Rares

Cécile Gautheron (Pr Univ. Paris Sud/INSU-TS)

Spectrométrie TIMS | MC-ICPMS | LA-ICPMS

Pierre Deschamps (CR IRD/INSU-SIC)

Jérôme Chmeleff (IR CNRS / INSU-TS)

Spectrométrie Stables

François Fourel (IR CNRS/INEE-SIC)

Mathieu Daeron (CR CNRS/INSU-OA)

Spectrométrie Gamma

Olivier Evrard (CR CEA/INSU-OA)

Spectroscopie et Imagerie RX

Jérôme Rose (DR CNRS/INSU-SIC)

Microscopie et Micro-Analyse Électronique

Anne-Magali Seydoux-Guillaume (CR CNRS/INSU-TS)

Pétrologie Expérimentale et Minéralogie

Chrystèle Sanloup (Pr Sorbonne Univ./INSU-TS)

Bio-Géochimie Expérimentale

Mélanie Davranche (Pr. Univ. Rennes /INSU-SIC)

Les partenaires de RéGEF :