Les instruments du réseau :

Le réseau isotopes stables regroupe les instru-ments mesurant les rapports isotopiques des iso-topes stables dits « conventionnels ». Les analyses se font sur des éléments ou des molécules sous forme gazeuse et est limité à un nombre réduit d’éléments, principalement H, C, N, (Si, Cl et Br sont également accessibles sous certaines conditions). Jusqu’à un passé récent, les techniques de mesures étaient toutes effectuées par spectrométrie de masse de rapports isotopiques (IRMS) sur des appareils à source gazeuse et séparation par secteur magnétique. Depuis une dizaine d’année, le domaine des isotopes stables utilise de plus en plus la spectroscopie laser sous différentes formes (CRDS, OA-ICOS…), toujours sur des gaz, et avec des résultats de plus en plus compétitifs avec l’IRMS. La spécificité des analyses isotopiques des isotopes stables est leur pouvoir de traceur des phénomènes physico-chimiques, ainsi l’originalité de ces techniques est qu’elles permettent de répondre à la question « comment ? » quand d’autres méthodes répondent à la question « combien ? ».

Une spécificité forte de ces techniques est qu’en amont de la mesure instrumentale sur l’une des espèces gazeuses compatibles avec les instruments (principalement CO2, CO, O2, H2, SO2, N2, N2O) il convient d’utiliser des systèmes de préparation pour transformer et/ou purifier les échantillons. Long-temps ces techniques de préparation étaient sépa-rées de la mesure et effectuées sur des lignes à vide en mode « offline ». Aujourd’hui la plupart des ins-truments sont connectés en ligne avec des systèmes de préparations automatisés (analyseurs élémen-taires, chromatographie en phase gazeuse, équilibrateur…) et donc un «appareil» est généralement constitué du système de mesure couplé à un ou plusieurs systèmes de préparation. Il existe un certain nombre d’appareils mesurant les isotopes stables dans le réseau de Géochimie Organique de RéGEF, pour notamment les couplages avec la chromatographie en phase gazeuse.

La distribution sur le territoire et le personnel affecté :

RéGEF : distribution sur le territoire des moyens du réseau Spectrométrie Stables

Les données produites :

Créées et développées par les géochimistes, les techniques de mesure des isotopes stables ont largement débordé le cadre des géosciences pour avoir des applications dans des domaines très variés comme l’environnement, le biomédical, l’archéologie, les sciences médico-légales, la répression des fraudes avec de plus en plus d’applications industrielles et la création de laboratoire d’analyses dans le secteur privé (ex : Eurofins Scientific en France, Agroisolab en Allemagne).

Les données produites sont donc des rapports d’abondance isotopique standardisés par rapport à des références internationales (13C/12C, 18O/16O, 2H/1H…). Les mesures de standards font partie intégrante de l’analyse. Avec le développement de l’automatisation des systèmes de préparation il est aujourd’hui de plus en plus courant d’utiliser les signatures isotopiques de plusieurs éléments, ou de combiner plusieurs traceurs sur une même molécule (ex : δ13C, δ18O, Δ17O et Δ47 sur CO2) afin de répondre à une question scientifique. Concevoir une/des bases de données pour centraliser ces analyses très variées est un vrai challenge à relever.

Organisation et spécificités :

Le réseau isotopes stables s’appuie sur l’activité de la Société Française des IsotopeS (SFIS). Partena-riat à officialiser avec RéGEF.

Les plateformes de ce réseau mènent des activités analytiques très variées dans des contextes locaux/régionaux différents, avec des modèles économiques variables. Le prix d’achat d’un « système » analytique pour peut varier de 50 à 500 k€, voire 1 M€. Bien que l’harmonisation et l’affichage clair des modes de calcul des tarifs soient en cours d’élaboration, une hétérogénéité de ces tarifs est inévitable. Pour l’instant aucune plateforme isotope stable ne peut concevoir de s’autofinancer par des analyses facturées à l’extérieur.

Compte tenu de l’hétérogénéité du réseau, l’archivage des données est un point délicat. Pour cet archivage des données un certain nombre de bases de données sont déjà utilisées par certaines plateformes.